12 janvier 2008
visite de l'aumonerie 4ème-3ème : équipe d'Anne et Dominnique
bonjour,
nous sommes très contents d'être venus dire bonjour aux habitants du Je Sers.
Rendez-Vous le 1er Février à 18h00 : chacun apportera un gateau... ce sera le deuxième repas de la soirée, après la messe.
Nous, on repartira après diner, mais ceux qui le veulent peuvent rester... et venir prier : c'est la nuit d'adoration du 1er vendredi du mois.
Léa, Mélanie, Marie, Marion, Gaëtan, Eric, Romaric, Antoine, Florian, Anne et Dominique.
18 octobre 2007
les enfants du bateau sont des poètes
Coucou,
L'écrivain public est de retour
Avec quelques camarades de la licence professionnelle (ça y est nous sommes des écrivains publics diplômés !) nous avons créé une association loi 1901 : "Les écriliens". Comme son nom l'indique, notre objectif n'est autre que de créer du lien social, intergénérationnel, interculturel par le biais de l'écriture.
Notre première opération : publier un petit recueil : "100 haïkus pour la recherche génétique" et le vendre pour le Téléthon. A vrai dire l'ambition est plus grande, publier un "beau livre" en 2008 et verser les bénefs à l'Association pour la recherche génétique, plus large.
Mais qu'est-ce qu'un haïku ? Un petit poème japonais distribué en 5/7/5 pieds qui a pour objectif de dépeindre l'instant, une sensation, souvent en rapport avec la nature, les saisons.
En attendant, il faut les avoir les 100 haïkus. Moi je suis partie, non pas avec mon bâton de pélerin mais avec ma feuille et mon stylo : collègues, bibliothèques... et bien sûr j'ai pensé au bateau, aux enfants du bateau.
Animé un petit atelier d'écriture avec eux et voilà ce que ça donne :
Je suis le premier
À attraper l'étoile
Qui tombe du ciel
Quand tous les humains
Marchent la main dans la main
Ça forme un bouquet
Elvis 13 ans
Dieu de tous les hommes
Qui fait grandir les enfants
Comme un magicien
Yayah 24 ans
On joue au football
Avec les copains Trop bien
Le foot c'est génial
Je travaille bien À l'école je suis calme L'école c'est chouette Algin 10 ans Ce que je préfère Jouer avec les copains On s'entend trop bien Egor 8 ans J'aime bien jouer J'aime regarder les gens Mais le rugby Beurk
Dylan 8 ans
Pas mal, non pour des enfants qui son en France depuis si peu de temps ?
Donc, si tous se passe bien, au 8 décembre sur le bateau pour la vente de l'ouvrage du siècle !
Avec toute mon affection
Dominique
19 septembre 2007
Petits clins d’œil d’une Petite soeur de l'Assomption...
...Pour cette belle croisière vécu cet été
Début Août, 11 jeunes Espagnoles, un jeune vietnamien, une oblate et deux Petites sœurs de l’Assomption ont eu l’occasion d’embarquer pour une « Croisière sur
la Seine
», de 6 jours en pays totalement inconnu qu’est le « Je sers »,
La meilleur façon de vous partager ce
que nous avons vécu c’est d’entendre c’est quelques expressions qui donnent de
la couleur au vécu.
la Solidarité
Pour nous comme pour ceux accueilli sur le bateau, le pari a été tenu. Il a permis d’ « Accueillir "l'étrange dans l'ordinaire" ; de manger à une table tous ensembles ; d’être dans un pays où l'on ne sait pas où l'on est ; de vivre la folie de la rencontre ; de prendre dans nos mains, des mains d'une autre couleur ; de ne pas perdre son rêve personnel ; de communiquer sans parole … »
la Solidarité la Seine la Seine
- sentir que 'notre sol se bouge' »
- Prendre des toiles d'araignées pour tisser des liens entre des personnes »
- Apprendre à dire au revoir comme nous avons appris à se dire bonjour »
Un seul mot peut résumer cette belle réalisation Inter-Assomption :Merci
02 septembre 2007
11 cyclistes + 11 jours = pélévélo Conflans-Lourdes 2007

Nous voilà devant le
bateau Je Sers à Conflans
pour une prière d’envoie. Nicolas nous demande de
nous aligner, au risque de bloquer
le quai, pour avoir la bénédiction et une photo
de groupe à l’instant zéro. Et
nous voilà partis pour la première
étape ce matin du 1er août
2007 : 11 cyclistes de 9 nationalités
différentes pour
un pèlerinage à vélo à
destination de Lourdes.
Chaque soir (ou presque),
André étudie les cartes et prépare
la journée du lendemain. Il vérifie avec celui
qui sera en tête de la file
l’itinéraire à prendre, parfois
différent de celui photocopié à
l’avance. (Photo
à Vendôme, maison des religieuses du Bon Secours, 2ème
étape)

Chaque nuit ou dort
dans des salles
paroissiales ou des maisons, toujours des lieux accueillants. Une
piscine à Amilly
(1ère
étape) et une
télévision à Vendôme
(2ème
étape, voir photo), en
ne manque pas de confort.

Toutes les nuits à
l'intérieur... Sauf une ! On nous dit à Lignère de Touraine (3ème
étape) que la salle
paroissiale n'est ni aux normes ni assurée, donc il faut
camper sur le terrain
de la paroisse. (Photo : Guareguin
tout fier devant
sa tente).

Chaque matin, après le
petit déj
et avant la prière, nous chargeons notre super camionnette
où se trouvent nos
affaires, la bouf et des vélos de réserve. On a la chance
d’avoir 3 chauffeurs
qui se relayent, pédaler 2 jours et conduire le
troisième. (Photo : en face de
la maison pittoresque où nous avons passé la nuit
de la 4ème étape
à
St Loup sur Thoué).

Ensuite on commence à
pédaler, souvent en profitant du beau
temps et en regardant les magnifiques paysages. (Photo : Maxime en
tête de file,
suivi de Rui).

Autre que la pause de 10 h 30
où on a droit à du jus, du
chocolat et surtout des tablettes de céréales
à volonté, on s'arrête dès
que
l'on voit des mûres ou d'autres fruits sauvages.



Les champs de maïs n'ont pas
été épargnés : une fois le
maïs
mangé, les fibres peuvent servir à se
déguiser. (photos
de Tung, Yaroslav et Minh).

Nous sommes obligés de
nous arrêter en cours de route à
cause d’une éventuelle crevaison. On
téléphone au chauffeur pour lui dire de
venir nous dépanner, ce qui peut prendre entre 10 minutes et
2 heures. (Photo :
Tung tente de trouver le
trou dans une chambre à air,
Minh lui tient compagnie).

Le pique-nique de midi, nous le
prenons souvent quelques
kilomètres avant l'arrivée. Baguettes, jambon,
salade, fruits et parfois des
sardines et d'autres choses encore, c'est toujours un moment gourmand
et convivial.
(Photo : pique-nique à Saint-Hilaire des Loges, 5ème
étape).

Dans les après-midi, on
fait des activités diverses : sieste
ou baignade selon les possibilités. Ça
rafraîchit, même si la propreté des cours d’eau ne respecte pas toujours les normes
d'hygiène. (Photo : Minh, Guareguine,
Martin et Yaroslav
dans le Thoué).

On chante et on s'amuse. On écoute avec
admiration Maxime quand il joue la mélodie de Super Mario.
(Photo : Guareguine, Yaroslav et Maxime devant
le lac à proximité de Saint-Hilaire des Loges).

Chaque jour, avant de
préparer le dîner, nous prenons le
temps de prier. Prier avec le corps, avec la nature ou
participer à la messe, le
pèlerinage trouve sa dimension spirituelle. Quand 11 mecs
chantent, ce n'est
pas toujours beau, mais peu importe. (Photo : prière avec
Marie sur le parvis
de la basilique Notre-Dame de Verdelais, 9ème
étape).

Ensuite on prépare le
repas, chaque soir une recette
différente dans laquelle chacun met un peu du sien. C'est
parfois un moment à
partager avec nos hôtes. (Photo : Lorenzo nous
prépare une spécialité italienne,
à Verdelais).

On ne rate pas l'occasion de faire un
barbecue. (Photo à
Aire sur l'Adour, dernière étape avant Lourdes,
où on a failli camper sur un
terrain paroissial sans avoir accès aux toilettes et
à l'eau - le curé qui
devait nous accueillir étant en vacances sans
prévenir les responsables de
notre arrivée -, mais fort heureusement André et Rui rencontrent
une sœur carmélite en faisant les courses
à Lidl, et
les sœurs ont fini par nous accueillir au Carmel ... n'est-ce
pas la providence ?)

Pédaler,
pédaler, pédaler… Il faut aussi se
reposer. D'ailleurs
c'est très biblique : on pédale 6 jours et on se
repose le 7ème. C’est
à Taillebourg, chez des parents de Nicolas Tarralle,
que nous sommes super bien accueillis par toute la famille.
Après l'expérience
de baignade dans les rivières et les lacs, vient le tour de
l'océan. (Photo sur
la plage de Royan).

On s'amuse aussi avec le sable. (Photo : Rui
en extraterrestre).

André
ne manque pas
de lire et nous faire partager sa BD délirante : le guide des
célibataires.

Et après le jour de repos,
c'est comme un deuxième lancement
du pèlerinage. (Photo à Taillebourg avec nos
hôtes, le matin de notre départ).

Et le 11ème
jour arrive. Et les 11 cyclistes, eux
aussi, arrivent à Lourdes. C'est vraiment un moment
de joie et d'émotion.

Ça y est, c'est
terminé. Il faut remettre les casques.


Mais non ! Il faut maintenant nous
intégrer dans le rythme
de Lourdes, qui ressemble drôlement au Parc de Disneyland
dans son architecture,
mais aussi à cause de la place importante qu'occupent les
hôtels, bars,
boutiques de souvenirs et autres aspects touristiques.


Et voilà les cyclistes qui
se transforment en brancardiers
ou font d'autres services. (Photos : Milad et Lorenzo en compagnie de deux charmantes dames sur
l’esplanade et Yaroslav
avec la dame qu'il accompagne chaque année, dans la basilique St Pie X).

Logés au village des
jeunes, on se retrouve aussi à la
popote pour manger et pour rigoler. (Regardez Michel, sa
bouche
grande ouverte pour accueillir la bonne nourriture).
Milad
Yacoub
Août
2007
10 août 2007
la vie du bateaux jesers
je vais vous parler du lac de cergy ou nous avons passés l 'apres- midi du 5 aout . deux cars nous ont emmenes pour l aller et le retour,car nous etions très nombreux .apres on a nager dans le lac , ou il avait aussi de la voile les pompier et les policier nous on rappeler les regle de securitè: quand l eau et au genou , il faut revenir a la plage . fui de cette après-midi ont etaient très fatiguès.
le 8 aout , nous avons fêtè le depart des jeunnes filles espagnoles.
04 août 2007
la vie du bateau je sers
le bateau je sers a été construit en 1968 depuis longtemps le père organise des sorties pour les jeunes ex:des séjour a lourdes ect.... et un jour le père arthur nous a quitter et un nouveau père nicolas trés simpa.
si un jour vous voulais vous marire ou un batème vener nous voir on vous acceuillie .
30 avril 2007
chanson
Pour mon départ, voici la petite chanson que j'ai écrite
Bonne route à tous
Dominique
JE SERS
sur l'air de Santiano d'Hugues Aufray
C'est un fameux bateau qui a rien d'un rafiot
Hisse et ho, il s'appelle "Je sers"
Nous en sommes les joyeux matelots
Et de ça on en est tous très fiers
Refrain
Tiens bon le cap et tiens bon le vent
Hisse et ho, il s'appelle "Je sers"
Si Dieu veut toujours droit devant
Un beau jour on mettra pied à terre
Parti de mon pays, j'avais le cœur gros
Hisse et ho, il s'appelle "Je sers"
Ici on m'a r'mis l'cœur bien au chaud
Et maintenant à nouveau j'espère
Refrain
Arthur m'a accueilli avec mes minots
Hisse et ho, il s'appelle "Je sers"
C'est un père, m'a sorti la tête de l'eau
Nicolas lui sera notre frère
Refrain
Prénoms venus d'ailleurs ils sont tous très beaux
Hisse et ho, il s'appelle "Je sers"
Ça nous fait comme autant de cadeaux
Pour aider à vaincre la misère
Refrain
Demain je partirai, j'aurai du boulot
Hisse et ho, il s'appelle "Je sers"
J'aurai p't-être bien encore le cœur gros
En posant l'pied au débarcadère.
14 mars 2007
L’HOSPITALITE : VIE DE L’EGLISE
Pour beaucoup d’entre nous, au commencement, il y a un bateau qui ouvre large ses portes. L’hospitalité ecclésiale dont je vais essayer de parler n’est donc pas abstraite, nous sommes ici parce qu’un jour, au bord de la Seine, nous avons été bousculés par l’éclat de son cambouis. Son intuition se nourrit alors d’une parole qui relève les hommes, qui est hospitalière absolument à chacun… et cette parole, dans le respect infini que Dieu montre à tous les hommes, nous la recevons en Eglise. La réflexion que je vous propose, c’est donc tout à la fois : une expérience marquée par un bateau de Seine, une inspiration attentive à la Parole faite chair, et des mots qui tentent de se frayer un chemin de l’un à l’autre dans les deux sens.
Entre les deux mots « hospitalité » et « Eglise », il y a un lien vital à recueillir : le mystère de la vie baptismale. Il place l’hospitalité au cœur de la foi. Notre itinéraire pour y arriver va commencer par une parabole qui ne fait pas référence à Dieu : parce que l’inspiration évangélique s’ouvre à l’humanité entière. Mais dans un deuxième temps notre cri sera de comprendre combien l’Eglise, par le mystère qui l’anime, aspire à se faire hospitalière. Et nous verrons surgir enfin quelques uns des chemins d’hospitalité qu’elle a concrètement inspirés.
I – Raconter l’hospitalité en parabole
la Parole
Cette partie est
placée sous le signe de Dieu qui s’adresse à tout homme.
L’hospitalité commence par un surgissement. Elle naît, toujours imprévisible, sans s’encombrer d’explications. C’est clair dans la parabole que je vais reprendre, qui nous parle d’un Samaritain prenant sur sa monture un homme laissé à moitié mort (Lc 10, 25-37).
Mais il faut une suite à ce commencement sinon l’homme ne serait jamais soigné. Justement, au bout du chemin, il y a une auberge. L’hospitalité se prolonge donc toujours chez quelqu’un qui prend le temps de prendre soin.
L’enjeu de la parabole du Samaritain c’est le commandement d’amour : aimer son prochain. Indissociable de l’amour de Dieu, il en est cependant distinct. L’amour du prochain ne se pose pas la question de Dieu, il surgit en acte.
La parabole présente un monde de violences et d’injustices. Un voyageur se fait attaquer par des bandits : ils le dépouillent, le rouent de coups et le laissent à moitié mort. C’est aussi un monde ou règne l’indifférence et le repli sur soi : le prêtre et le lévite changent de côté pour ne pas le croiser.
Nous ne sommes plus en Samarie, mais les comportements demeurent : ces violences et ces injustices, cette indifférence et ce repli qui façonnent nos structures et nos comportements sociaux, comment ne pas en être complices ?
Dans un monde violent et indifférent, surgit un samaritain qui ne se pose pas de question. Il voit l’homme et est saisi de pitié. Voilà ce qui fait défaut aux bandits, au lévite et au prêtre. Saisi de pitié, il n’esquive pas la responsabilité : il s’approche, soigne les plaies, l’emmène dans une auberge et prend soin de le confier à l’aubergiste. Le samaritain nous guide de la violence à l’hospitalité. Du repli sur soi à la communauté d’entraide. Son regard laisse surgir une force « hospitalière ». Et c’est un monde nouveau qui naît, un monde où les personnes se croisent s’entr’aident et se soutiennent
De fait, la première chose que sollicite cette force « hospitalière », c’est de l’aide. Le Samaritain a besoin d’un aubergiste pour les soins. L’hospitalité qui surgit n’est effective qu’à condition d’entrer dans cette seconde étape. L’auberge nous éclaire donc sur les conditions dans lesquelles se construit une fraternité durable.
Tout d’abord le samaritain n’est pas seul : il rencontre l’homme laissé à moitié mort puis l’aubergiste. J’aime penser qu’il y a aussi des gens qui travaillent dans l’auberge et qui la font tourner, ainsi que d’autres hôtes qui apportent leur compagnie. Et j’imagine que selon les événements de la vie nous pouvons être, tour à tour, laissés à moitié morts, samaritains, aubergistes, serviteurs ou hôtes ordinaires.
Ensuite, les relations que toutes ces personnes tissent s’installent dans la durée. La prise en charge imprévue de cet homme engage une responsabilité partagée de l’aubergiste et du samaritain. L’un promet de prendre soin, l’autre de revenir payer. Leur fidélité dans la durée reconstruit l’horizon de l’homme à moitié mort.
Enfin, pour que le temps s’élargisse, il faut une auberge qui s’ouvre. L’aubergiste accepte qu’un homme à moitié mort vienne chez lui. Il ne se barricade pas mais se laisse rejoindre. Il nous invite à comprendre l’hospitalité comme l’art de cultiver des lieux où vraiment tout le monde soit le bienvenu…
En partageant, par son regard, la souffrance de l’homme blessé, le samaritain, casse la logique de violence et d’indifférence. Mais il reste encore à construire avec d’autres la paix et la reconnaissance, jusqu’à partager ensemble la joie d’être guéri.
II – Aimer l’Eglise en quête du Christ
Cette seconde
partie est placée sous le signe de la conscience renouvelée que l’Eglise a
d’elle-même depuis Vatican II. Elle résonne aussi tout particulièrement de la
dernière encyclique de Benoît XVI[1].
L’Eglise est travaillée au coeur par le visage de ces hommes laissés à moitié mort sur la route, parce que c’est à elle en premier chef que s’adresse la parabole. Elle ne peut séparer l’amour de Dieu et l’amour du prochain. Elle proclame qu’en Jésus-Christ, Dieu s’est fait homme, c’est-à-dire que dans son amour pour nous, il s’est fait infiniment proche. Pour cela elle a besoin que nous l’aimions, et nous avons besoin de découvrir combien elle est aimable. Ce que je vais essayer de dire maintenant est un peu compliqué, mais c’est un cri d’amour. J’aime l’Eglise non pas seulement telle qu’elle nous apparaît, mais telle qu’elle est en son mystère. Aimer Dieu et son prochain, c’est mystérieusement aussi aimer cette Eglise qui est doublement hôte du Dieu de Jésus-Christ. Elle l’accueille et elle est accueillie par lui.
L’Eglise est l’hôte qui accueille le Dieu tout aimant.
Pour simplifier je voudrais souligner quelques mots qui nous font entrer dans l’amour dont Dieu nous aime : la trinité, le baptême, la conversion et l’identité ecclésiale.
Le mystère de l’Eglise est animé par la vie de don, d’échange et de réciprocité entre les personnes de la trinité.
Le baptême fait entrer chaque chrétien dans cette vie nouvelle que Dieu veut partager avec les hommes.
Il engendre un mouvement de conversion tant personnel que communautaire pour accueillir toujours à neuf l’amour de Dieu.
L’identité ecclésiale à convertir est conjointement une identité d’homme, de croyant et de chrétien. Elle associe l’hospitalité du prochain, le dialogue inter-religieux et l’engagement œcuménique.
L’Eglise est hôte : accueillie dans le monde où le Christ la précède.
Mais Dieu n’a pas attendu l’Eglise pour entrer dans le monde, il la précède de tout temps. Parce qu’elle est ainsi précédée par Dieu, l’Eglise accepte de se laisser accueillir par le monde. Elle est l’hôte de Dieu qui lui fait découvrir dans le monde les dons de son amour. Le mystère du Christ venu dans le monde s’approfondit ainsi en le découvrant toujours à l’œuvre dans le monde avec un visage d’aujourd’hui. L’Eglise, toute tournée vers le Christ, cherche à le rencontrer dès maintenant, là où il suscite une vie baptismale renouvelée.
Bruno Chenu évoque alors deux visages du Christ. Le Christ, aujourd’hui, se montre à travers le visage du disciple et du pauvre. Sur le chemin d’Emmaüs, le Christ s’est révélé à deux disciples qui en accueillaient un troisième ; et lors du jugement dernier, le Christ se révèle dans la personne du prisonnier visité, de l’affamé nourri, de l’attristé consolé. La rencontre, en Eglise, des disciples et des pauvres est gage de sa vitalité baptismale. En lui faisant redécouvrir son visage, le Christ lui redonne vie : les JMJ et les maisons diocésaines sont ainsi des lieux de vitalité ecclésiale centrés sur le visage du disciple.
Nous allons voir ensemble quelques lieux centrés sur le visage du pauvre.
III – Découvrir l’Eglise hospitalière
Cette partie
est placée sous le signe de toutes les règles qui ont vivifié l’esprit de
communautés hospitalières. Elle invite aussi à retrouver les itinéraires
augustiniens qui l’ont nourrie[2].
Dans la foi, nous croyons que l’Esprit a suscité le geste du samaritain et qu’Il suscite aussi les moyens de prolonger ce geste. L’Eglise, justement, qui naît de la diversité des dons de l’Esprit, façonne des « auberges » : leur discrète hospitalité est paradoxalement aussi mal connue qu’elle est socialement déterminante. Car l’Eglise, elle l’a elle-même un peu oublié, est vraiment experte en hospitalité. Les figures modernes comme l’Abbé Pierre ou le Père Wrézinsky, dont l’inspiration est profondément ecclésiale, ne mobilisent guère les communautés chrétiennes en tant que communautés chrétiennes.
Une vivante tradition d’hospitalité monastique
Pour scruter quelques lieux qui donnent chair à l’hospitalité ecclésiale, nous allons donc plutôt plonger dans la tradition monastique. Mais si son histoire serait riche d’enseignement, c’est sa discrète fécondité qui nous retient ici.
J’arrive de Ligugé où j’ai été accueilli par des moines bénédictins. Leur règle ne manque pas d’humour : « On aura souci d’entourer des plus grandes attentions les pauvres et les voyageurs : car l’hospitalité qu’on leur offre s’adresse plus manifestement au Christ ; dans le cas des riches, la seule crainte de leur déplaire garantit assez de déférence[3]. »
Frère Louis, l’hôtelier me partageait quelques convictions. J’en retiens quatre pour éclairer toutes nos communautés :
- St Benoît a mis en forme dans sa règle les grands principes d’une hospitalité à laquelle beaucoup aspirent.
- recevoir des hôtes, ce n’est pas une charge à assumer bon gré mal gré, c’est vital pour la communauté : pour l’empêcher de tourner en rond, de vivre en cercle fermé.
- La vie de communauté est évangélisatrice par elle-même. St Benoît, patron de l’Europe, a évangélisé en installant des monastères un peu partout.
- C’est dans un mouvement de retrait que la vie monastique se fait hospitalière…
Et cette dernière conviction m’interroge sur le retrait qu’il nous faut assumer pour être hospitalier tant aux exclus qu’aux inclus de notre société… cette hospitalité ne peut-elle inspirer nos communautés paroissiales, religieuses, familiales ?
L’hospitalité est en attente d’enracinement spirituel
La question cruciale que je ne fais qu’entr’ouvrir ici est alors la prise en charge « chez-soi » des hôtes. A la racine de l’hospitalité, il y a donc des personnes qui assument d’ouvrir le « chez-moi » où elles mangent et où elles dorment, où elles vivent tout simplement. L’Eglise saura-t-elle jouer de la complémentarité des communautés qui la font vivre ?
Justement, à Ligugé j’ai rencontré aussi Marie-Françoise, une amie de l’Abbaye qui s’est beaucoup impliquée, avec le Père Abbé il y a quelques années, dans un projet d’accueil de personnes en difficultés. Elle me partageait ses convictions à son tour :
- A l’origine, il y avait non pas « un projet » mais un concours de circonstances, un Kairos : une maison mise à disposition et un couple désireux de s’aventurer dans l’accueil.
- Leur objectif était de créer d’autres maisons pour ne pas porter en un seul lieu le poids de toutes les difficultés.
- Pour traverser les difficultés, il est important de partager et de creuser les convictions spirituelles qui enracinent la vie et les projets communs.
N’est-ce pas là une mission d’Eglise ?
Conclusion
En conclusion de ce chemin qui nous renvoie à nos communautés de vie à notre enracinement spirituel, je vais revenir à l’éclat du cambouis de l’hospitalité au Je Sers. Eclat de la lumière du Christ qui nous éclaire dans le cambouis de nos plus profondes ambiguïtés.
L’hospitalité au quotidien a des visages…
- C’est par exemple Faouzzi qui vient de Paris pour emprunter 10 €. Il va les rendre, probablement, cela lui donnera l’occasion de repasser. Il venait pour parler.
- C’est aussi cet homme à qui j’avais dit que nous ne pouvions pas le loger… seulement lui proposer de déjeuner. Il est repassé quelques jours plus tard pour donner 10 €.
- C’est cette dame qui entre dans le bureau avec un tableau-horloge à l’effigie de Jésus et Marie en trois dimensions effet d’optique. La dame ne veut pas le jeter. Elle y tient beaucoup. Je la remercie de son don. Elle le tenait d’une personne maintenant décédée. La dame s’en va, les yeux humides d’avoir raconté son histoire.
- C’est encore la période des cadeaux à Noël. Ils arrivent par voitures entières. Regards de samaritains pour des enfants qui n’auraient rien. Nous devenons un réceptacle hospitalier aux rebuts ludiques de généreux consommateurs qui s’encombrent de jouets neufs.
- Et quand on nous a trop donné, c’est enfin les Roms : ils prennent une partie de ce qui nous encombre, tout simplement.
- Mais l’hospitalité, c’est encore cet ami qui donne régulièrement de l’argent, qui se proposait de donner du temps, et que nous avons sollicité pour qu’il donne l’espace de son hangar… Nous avons parlé confirmation : à lui d’accueillir ce que Dieu veut lui donner.
A Conflans s’expérimente de manière empirique une logique du don. Nous avons besoin de donner et de recevoir… Le bateau est un lieu hospitalier qui accueille tout ce qui circule. Comme autant de moyens pour se rencontrer, pour partager des peines, des joies, pour se connaître, se reconnaître : pour faire grandir l’amitié. Pour nous convertir à l’amitié de Fils de Dieu.
J’ai laisse un dernier exemple pour la fin. Chaque semaine nous donnons des yaourts et des saucisses au Carmel. Cela leur permet d’en prendre un peu pour elles, mais aussi d’en donner autour d’elles à des personnes qu’elles connaissent. A leur tour, elles nous donnent des hosties, qui servent pour la paroisse. Réciprocité de la table de l’eucharistie et de la table du repas… Avec la célébration du mystère pascal, nous voici arrivés au cœur de la foi. Depuis la place du célébrant, au Je Sers, on aperçoit la porte de la banque alimentaire : d’un même regard on embrasse l’assemblée présente, corps du Christ partageant son corps et à son sang, et les destinataires de cette aide, corps absent du Christ, communiant à ses souffrances.
[1] Le chapitre II de l’encyclique de Benoît XVI, Dieu est amour, s’intitule « L’exercice de l’amour de la part de l’Eglise en tant que ‘communauté d’amour’ ». Je me permets de mentionner aussi le très inspirant L’Eglise au cœur de Bruno Chenu.
[2] Itinéraires Augustiniens n°34, de juillet 2005, porte sur L’hospitalité. Je souligne ici la contribution de Hugues qui est explicitement référée à Conflans…
[3] Chapitre 53.
30 janvier 2007
photos du jour
Yayah la mascotte
Eva le rayon de soleil
24 janvier 2007
Coucou, c'est l'écrivain public
Aujourd'hui, pas d'cours, pas d'stage, le bonheur !
Aujourd'hui, nous, les étudiants en licence pro "écrivain public", avons créé un blog où déposer nos oeuvres, le bonheur !
Aujourd'hui, ça m'a donné l'idée d'aller regarder sur celui du bateau. Malheur ! personne n'a écrit depuis le 4 janvier 9 h 01. Où êtes-vous ? Que faites-vous ?
Aujourd'hui aussi, j'ai fait mes devoirs : du droit, de la sociologie, quelle horreur !
Et puis un devoir oublié : une poésie !
Ecrire un poème anaphore. Les profs ont de drôles d'idées, ils emploient quelquefois des gros mots. Celui-là a des excuses, il anime un "atelier d'écriture". Un atelier ? Non, il ne s'agit pas de chausser ses chaussures de sécurité ou d'endosser son bleu de travail mais de fourbir sa plume, c'est du boulot aussi.
Anaphore dites-vous ? Il s'agit d'écrire en commençant chaque phrase par le même mot, en l'occurence un verbe. Moi la poésie, c'est pas trop mon truc et puis comme je n'ai pas trop compris la consigne, je lui en ai fait deux des poèmes, je vous les offre. Parce qu'un poème, c'est comme un bouquet, c'est comme un cadeau, il faut l'offrir. On n'écrit pas pour soi, encore moins quand on est :
L'ÉCRIVAIN PUBLIC
Écrire les mots des autres
Écrire leur solitude
Écrire dans l'urgence
Écrire leurs espérances
Écrire seule à ma table
Écrire dans leur sillage
Écrire pour survivre
Écrire avec leur cœur
TREMPER MA PLUME DANS L'ENCRE DE VOS CŒURS
Écrire les mots des autres
Préparer le sillon
Écrire dans l'urgence
Semer leur solitude
Écrire pour survivre
Arroser leurs espoirs
Écrire seule à ma table
Récolter leur histoire
Aujourd'hui aussi j'ai obtenu un rendez-vous avec un écrivain public, un vrai pas un stagiaire, pour savoir comment il se débrouille du boulot
Aujourd'hui encore j'ai contacté les éditions du Quart monde pour essayer de leur "vendre" vos histoires et le témoin que je veux me faire d'elles.
et Demain cinq et demi
Salut les amis
Je vous dis à lundi
Dominique
04 janvier 2007
Que diable vas-tu faire dans cette ... péniche ?
Qu’est ce que j’y faisais de beau ? Des cours
d'alphabétisation pour adultes, de la catéchèse et des jeux avec les enfants.
Le premier obstacle pour les étrangers qui veulent s'intégrer, c'est
l'apprentissage du français et la nécessité de savoir lire et écrire. C'est un
travail passionnant. Je n’y connaissais rien et j’y ai beaucoup appris en
pédagogie éducative.
Le cours de catéchèse m'a donné l'occasion de composer un programme catéchétique et de choisir une pédagogie d’enseignement. Le résultat est plutôt encourageant : lors du deuxième cours, une petite fille nous a remis une lettre où elle nous remercie chaudement de lui avoir permis de retrouver la foi qu’elle avait perdu ! Merci mon Dieu !
J'ai organisé aussi des après-midi de jeux pour les
enfants. Ils ont entre 4 et 13 ans. Très vite, une chose m’a marqué sur la
péniche : Les enfants sont très violents entre eux. Le dialogue n’existe
pas ou peu et les coups partent vite ! Ils ne vivent souvent qu’avec leur
père ou leur mère et ceux-ci ont d’autres soucis en tête que leur éducation.
C'est dommage parce que du coup, les enfants vivent dans la violence. Les après-midi au parc n’ont donc pas toujours été une partie de
plaisir, mais quelques fruits m’ont encouragé. Je faisais jouer deux petites
filles de 9 ans et celles-ci ne faisaient que se disputer. J’ai du arrêter de
jouer avec elles leur signifiant ainsi que c’est grave de se disputer et de se
dire de telles méchancetés. N’obtenant pour toute réaction que des éclats de
rire forcés, j’ai patienté et après un bon quart d’heure, l’une a accepté de
"faire la paix " mais pas la seconde qui ne s’est décidée que 5
minutes avant l’arrivée à la péniche ! Ouf ! C’est gagné, mais le
combat a été rude ! Par ce service j'ai pu travailler l'art de savoir
associer douceur et fermeté, libre initiative et règles de vie commune, détente
et service des autres,... C'est très exigeant !
Un petit fioretti du bateau : Ousmane, que vous voyez
ci-contre, est un jeune homme de 30 ans. Il vient du Mali et est musulman
pratiquant (ce qui est rare après trois années passées en France). Voilà trois
mois qu’il cherchait une promesse d’embauche, promesse demandée pour obtenir un
permis de séjour. Seulement, toutes les entreprises sollicitées avaient répondu
par la négative exigeant qu’il obtienne d’abord son permis de séjour. Après
trois mois de recherche, le désespoir n’était pas loin… Je lui ai donc proposé
de se tourner vers St Joseph pour lui demander un sérieux coup de main. Nous
nous sommes assis, lui avons écris une lettre envoyée à une certaine maison St Joseph à Namur
(ceux qui connaissent comprendront), lui demandant d’obtenir à Ousmane une
promesse d’embauche d’ici Noël (nous étions le 6 Décembre) et nous engageant de
notre part à le prier tout le mois et à raconter une fois l’aide obtenue à qui
voudrait l’entendre combien il nous avait aidé. Eh bien, tenez vous bien sur
vos chaises : 7 jours après Ousmane obtenait sans difficulté une promesse
d’embauche ! (c’est le papier qu’il tient sur la photo). Merci St Joseph ! La
partie continue pour l’obtention d’un permis de séjour.
25 décembre 2006
Noël en photos
Les enfants font la fête!
Donnez-moi mon cadeau!
Dans la cuisine, on se prépare...
Ça sent bon!
Pour la cèche vivante, un marché oriental s'installe!
On pensait que les animaux sont interdits dans la chapelle!
Répétition pour le conte de Noël, c'est très sérieux!
Une étoile fut fixée sur le sapin!
Sur le toit!
La Sainte Vierge se prépare aussi!
La crèche colombienne sur la mezzanine!
Sans oublier la crèche de la chapelle!
Allumons les cierges!
Et l'étoile aussi!
Où sont les vêtements des rois mages?
La messe des enfants, bien animée!
Ensemble à table!
C'est toi, Elvis?
Dansons!
Dansons encore!
Venez pour la messe de minuit!
Il est né le divin efant!
Joyeux Noël!


